mardi 12 août 2008

Pékin 2008 - Estanguet, la grande désillusion

Alors qu'il était en lice pour un triplé inédit, Tony Estanguet, double champion olympique de slalom sortant, a vécu un cauchemar mardi sur le bassin olympique de Shunyi en étant éliminé dès les demi-finales des Jeux de Pékin.

C'est une grosse désillusion pour le Palois, vainqueur à Sydney en 2000 et à Athènes en 2004, qui avait l'occasion de devenir le premier Français de l'histoire à remporter trois titres olympiques en individuel. "Cette histoire du triplé était peut-être un costard trop gros pour moi", a réagi Estanguet qui n'était certes pas le grand favori de la course mais de qui on pouvait attendre au minimum une médaille.

Ce fut tout le contraire puisqu'il n'a même pas réussi à atteindre la finale. Seulement neuvième sur douze concurrents en demi-finales - il fallait finir dans les huit pour aller en finale - il a connu un jour sans sur un bassin qui ne lui a jamais convenu et où la même mésaventure lui était arrivée il y a un an en préolympiques lorsqu'il avait cassé sa pagaie en course.

"C'est une grande, grande déception, a-t-il commenté. Cela fait deux ans qu'il n'y a qu'une course qui compte, celle-là, et je l'ai ratée. Je suis passé à travers. C'est la première fois de ma carrière que je rate un objectif important, que je prends une telle claque. Il va falloir que je la gère. " Même après plusieurs stages et de multiples séances d'entraînement, Estanguet, 30 ans, n'est jamais parvenu à dompter l'imprévisible et très difficile torrent de Shunyi. En qualifications lundi, il était déjà à la peine en ne terminant que sixième.

"La suite? "Je ne sais pas"

"C'est pour ça que je ne suis pas trop abattu. Car cela fait un an que je viens ici, six séjours de trois semaines, et je n'ai jamais bien navigué sur ce bassin. C'est ma bête noire. Ailleurs j'étais compétitif mais ici, même aux entraînements, il m'est toujours arrivé des tuiles. Je ne suis pas complètement surpris de ce qui m'est tombé dessus. Il y avait le doute."

Avant la course, il craignait aussi que son rôle de porte-drapeau français lors de la cérémonie d'ouverture, vendredi, puisse lui avoir coté une énergie précieuse. Un élément qui pourrait contribuer à expliquer la désillusion de mardi, même s'il a réfuté la thèse avec élégance. "Je suis arrivé avec un statut différent, les attentes n'étaient pas les mêmes, mais j'y ai cru quand-même. Mes sensations n'étaient pas mauvaises mais techniquement c'était dur. Mais la cérémonie était un moment magique pour moi et elle n'est en rien responsable de mon échec sportif. "

Quant à la suite de sa carrière, le Palois de 30 ans n'était encore sûr de rien. "Il va falloir un peu de temps pour digérer ça. Est-ce que j'aurai le courage pour repartir? Je ne sais pas. Il n'y a pas le feu au lac, je prendrai une décision à tête reposée. "

AFP pour Eurosport

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